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L'évolution
des marchés de l'énergie face à l'exigence d'un
développement durable
Depuis
le milieu du XIXème siècle un extraordinaire développement
scientifique, technologique et industriel a permis une transformation
radicale du mode de vie des sociétés humaines dans les
pays industrialisés et de grands progrès, quoique très
inégaux, dans l'ensemble du monde, en matière notamment
de santé, d'éducation et de communications. Avec le développement
que connaît actuellement l'Asie, cette transformation touche à
présent en profondeur une grande partie de l'humanité
dont elle a autorisé par ailleurs la formidable croissance démographique.
Née
avant tout de la capacité croissante à maîtriser
les sources les plus diverses d'énergie, cette évolution
s'est accompagnée d'un énorme gaspillage des énergies
fossiles dont l'abondance soudaine a conduit à un prix si bas
qu'il a laissé se développer l'inefficacité énergétique
et des habitudes d'usage peu rationnel de l'énergie.
En
un siècle et demie, les réserves jugées exploitables
d'énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) présentes
dans le sous-sol de la planète depuis des (centaines de) millions
d'années ont été largement consommées, avec
pour conséquence non seulement un épuisement programmé
à plus ou moins brève échéance de ces ressources,
mais aussi un réchauffement climatique maintenant avéré,
précisé et quantifié par les travaux du GIEC.
Hier
ignoré et parfois vivement contesté, le phénomène
fait aujourd'hui l'objet d'une préoccupation croissante à
tous les échelons de la société, des dirigeants
politiques au grand public. Le Conseil Européen du 8 et 9 mars
2007 à Bruxelles a concrétisé cette préoccupation
par des objectifs très volontaristes d'action corrective à
l'horizon 2020.
Les
exigences d'un développement durable global nécessitent
des politiques concertées à l'échelle mondiale,
ainsi que des actions radicales et des changements de comportement qui
souvent n'obéiront pas à la logique financière
des entreprises et des particuliers et obligeront à se défaire
d'habitudes bien ancrées en nous tous.
Afin
de maîtriser le réchauffement climatique et les menaces
qui en résultent pour les écosystèmes, il apparaît
en effet indispensable de réduire de manière rapide, drastique
et globale les émissions de Gaz à Effet de Serre, ce qui
suppose de :
- favoriser les économies et les usages plus rationnels de l'énergie,,
- prolonger la durée de vie des réserves de combustibles
fossiles afin de lisser l'impact de leur consommation sur les émissions
de CO2,
- accepter une place significative du nucléaire dans le mix énergétique
des grands pays industrialisés,
- développer la part des énergies renouvelables (éolien,
solaire, hydraulique, biomasse, biocarburants, géothermie,
)
après une juste appréciation du bilan énergétique
global et de leur impact sur les écosystèmes,
- développer de nouvelles technologies énergétiques
(charbon propre, cycles combinés avec capture, traitement ou
séquestration des émissions polluantes, chaîne de
l'hydrogène, fusion nucléaire),
- faire participer les acteurs des marchés de l'énergie,
et par là même toutes les catégories de consommateurs,
au financement des efforts de recherche.
L'enjeu
est capital. Il mérite que soient mobilisées non seulement
l'opinion publique mais les forces vives des nations et de leurs entreprises
afin de faire évoluer à temps les structures et les méthodes
vers une plus grande efficacité énergétique. Un
besoin considérable d'expertise avertie et objective se fait
ainsi jour à tous les stades de la chaîne énergétique,
de la recherche à la définition de nouveaux services,
de l'approvisionnement à la régulation des marchés
Trouver
les voies d'un développement durable par une meilleure maîtrise
de l'énergie, voilà le défi des prochaines décennies
afin que l'horizon de 2050 puisse apparaître non pas tant comme
le crépuscule de la civilisation industrielle que comme l'aube
d'une nouvelle ère de développement de la communauté
humaine, et de l'écosystème auquel elle est intimement
liée.
Didier Legros juillet
2007
1) Il convient de noter que si l'Europe apparaît comme la plus
déterminée à agir au sein de la communauté
internationale, ses efforts de recherche sont très en deçà
des investissements déjà entrepris depuis des années
par l'industrie américaine.
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